Note au lecteur

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« Comment on a appris à vivre avec son corps »

Le corps, soigné, caressé... ou flagellé. Beau, séduisant. Ou puant, malade. Lieu de nos désirs, de nos angoisses, il est nôtre. Mais aussi étranger, ennemi. Depuis le XIXe siècle, la physiologie du corps a changé. Et surtout, notre regard sur lui. Alain Corbin, qui dirige avec Georges Vigarello et Jean-Jacques Courtine une grande Histoire du corps au Seuil, nous décrit ces mutations.

L'Histoire : Vous avez dirigé, avec Jean-Jacques Courtine et Georges Vigarello, une Histoire du corps dont les deux premiers volumes viennent de paraître1. En quoi le corps est-il un objet d'étude pour l'historien : a-t-il tant changé que cela ?

Alain Corbin : Oui, le corps a changé au cours des siècles. En ce qui concerne le seul XIXe siècle, nous savons que la taille des conscrits, comme celle des polytechniciens, n'a cessé de croître. Il en est de même, bien que les enquêtes soient moins rigoureuses, de celle des [...]

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Par Alain Corbin