L’Algérie et les Algériens… une jeune nation au très long passé
Le nouveau numéro des Collections de l’Histoire, « L’Algérie et les Algériens, des royaumes berbères à l’indépendance » est dans les kiosques depuis le jeudi 12 avril. La rédaction de L’Histoire nous explique le choix de ce sujet.
Pourquoi avoir choisi « L’Algérie et les Algériens » comme thème des Collections de l’Histoire ?
Il nous paraissait impensable de ne pas accompagner d’une manière ou d’une autre le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie. L’Histoire a déjà beaucoup publié sur la guerre d’Algérie et l’histoire coloniale : entre autres, « Le Temps de l’Algérie française », L’Histoire n°140 ; « Les derniers jours de l’Algérie française », L’Histoire n°231 ; « Sans mythes ni tabous : la guerre d’Algérie », Les Collections de l’Histoire n°15. Depuis les années 1980, nous avons publié les chercheurs qui travaillent à faire l’inventaire du passé colonial de la France et à mettre en lumière ses épisodes les plus controversés ou occultés – la torture, les exactions commises par l’armée française, le destin des harkis ou encore les massacres d’Oran.
C’est d’abord pour renouveler la perspective que nous avons fait le choix d’une histoire longue de l’Algérie, au sein de laquelle la colonisation française et la guerre d’indépendance sont une séquence importante mais pas la seule.
On considère trop souvent l’Algérie au seul prisme français. C’est aussi pourquoi nous avons fait appel à des historiens algériens, aussi nombreux que possible, comme Slimane Hachi, Abdelmadjid Merdaci ou Nadji Safir.
Remonter dans le temps, c’est aussi une manière d’évoquer les composantes multiples du peuplement d’une jeune nation au très long passé. Il ne s’agit évidemment pas de dire que la nation algérienne existe depuis l’Antiquité mais plutôt de s’interroger sur l’histoire des peuples, des cultures, les ensembles politiques qui ont constitué l’Algérie actuelle.
A ce propos, quoi de neuf sur la guerre d’Algérie ?
D’abord on parle plutôt de « guerre d’indépendance » que de « guerre d’Algérie », ce qui est déjà une manière de déplacer le regard et de clarifier l’enjeu du conflit, qui était bien politique. On reconsidère aujourd’hui la chronologie même du conflit que certains font débuter en 1945 avec les émeutes suivies de massacres à Sétif et Guelma. On remet en question la notion même de guerre au sens classique du terme, les grandes opérations militaires ayant été limitées dans le temps et l’espace.
On met aussi en lumière les déplacements forcés des populations civiles qui ont touché plus d’un quart de la population algérienne et qui ont complètement remodelé la géographie du peuplement de l’Algérie contemporaine.
Où en est l’Algérie aujourd’hui, par rapport à son histoire ?
Avec l’entretien que nous a accordé Abdelmadjid Merdaci, on apprend comment depuis cinquante ans cette guerre a été racontée aux Algériens, notamment aux plus jeunes. Un récit mythifié du conflit a vu le jour avec pour slogan « un seul héros, le peuple », qui a volontairement effacé toutes les divisions d’un mouvement national pluriel et les conflits internes au sein du FLN.
Mais depuis une quinzaine d’années, les historiens algériens se réapproprient cette histoire. C’est le cas d’Amar Mohand Amer qui revient sur la manière dont le pays, en plein chaos, après le cessez-le-feu à l’été 1962, a frôlé la guerre civile et raconte comment Ahmed Ben Bella, qui vient de disparaître, a réussi à imposer son pouvoir au sein du FLN et à éliminer toute opposition.
Pour en savoir plus :
Bibliographie - L'Algérie et les Algériens
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