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Ken Follett, l'écrivain bâtisseur de cathédrale

Les Piliers de la terre , la saga à succès de Ken Follett, offrait un scénario de rêve pour le cinéma. Son adaptation américaine est diffusée sur Canal +.

Construire une cathédrale ! Pour Tom le bâtisseur, pauvre maçon errant avec sa famille sur les routes anglaises du XIIe siècle, ce rêve insensé pourrait devenir réalité au prieuré de Kingsbridge dont la vieille église vient d’être détruite par un incendie « providentiel ».

Mais depuis 1135 et la mort sans héritier mâle du roi Henri Ier, l’Angleterre est le théâtre d’une effroyable guerre civile. Désignée par son père, le roi défunt, comme son successeur, Maud - appuyée par son demi-frère Robert de Gloucester - s’oppose à son cousin Stephen1, qui s’est emparé du trône. Cette lutte sans merci met tout le pays à feu et à sang. Un contexte peu propice à l’édification d’un chef-d’oeuvre architectural consacré à la gloire de Dieu. D’autant que le prieuré de Kingsbridge, administré par le jeune frère Philip, n’a que peu de ressources et que les pâturages, terres arables, bois et carrières de pierre des alentours sont l’objet de toutes les convoitises. Celles des seigneurs locaux, ruinés par des années de combats, qui s’affrontent pour la possession du titre du comté voisin de Shiring. Celles de l’ambitieux évêque Waleran Bigod, bien plus intéressé par les chemins tortueux - spirituels ou temporels - susceptibles de le conduire à Rome auprès du pape. Face à ces puissants, la foi et la détermination à servir Dieu du jeune prieur Philip le poussent, en ces temps d’instabilité politique et militaire, à user de tous les recours et de tous les subterfuges pour tenter de financer la construction de la cathédrale.

Écrite en 1989, publiée en France en 1990, Les Piliers de la terre est la première saga historique de l’écrivain gallois Ken Follett, jusque-là spécialiste du thriller politique et du roman d’espionnage, parmi lesquels les best-sellers Le Code Rebecca 1980 ou Les Lions du Panshir 1986.

Cette oeuvre de plus de 1 000 pages traduite en 30 langues au moins et vendue à près de 14 millions d’exemplaires à travers le monde méritait d’être un jour portée à l’écran. C’est désormais chose faite. Encore fallait-il que le projet soit à la hauteur et ne déçoive pas l’auteur. « C’est mon meilleur livre, je n’aurais donné aucune chance à un scénario qui l’aurait transposé en moins de six heures », explique Ken Follett.

Produite par les frères Tony et Ridley Scott, réalisée par Sergio Mimica-Gezzan avec des acteurs de très grande qualité, cette série de huit épisodes de 52 minutes retrouve le souffle épique du roman. Peu importent les quelques raccourcis, les personnages parfois un peu trop manichéens, l’ensemble ne perd rien de ce qui a fait le succès du livre : un scénario riche en rebondissements qui entremêle avec talent tension guerrière, jeu de pouvoir, manoeuvre politique, rivalité familiale, jalousie et intrigue amoureuse dans un contexte maîtrisé et très bien documenté. Car du hors-la-loi au comte, de l’artisan au moine, du chevalier à l’évêque, homme, femme et enfant, toutes les strates de la société anglaise du XIIe siècle sont représentées autour du chantier de la cathédrale de Kingsbridge.

Par Olivier Thomas Journaliste