Note au lecteur

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État d'avancement en mars 2014 : du n°219 au 238."

Les mots des Indiens

De bison à wigwam, quelques notions pour entrer dans l'univers des cultures amérindiennes et de leurs héros.

CALUMET DE LA PAIX La fumée qui s'en élève permet de communiquer avec « le Grand Esprit ». Le partager accompagne tous les moments importants. C'est pourquoi les Indiens invitaient les Blancs à le fumer lorsqu'ils faisaient la paix ou les adoptaient.

CHAMANE En Amérique du Nord, c'est un homme qui communique avec les esprits et qui en maîtrise un certain nombre qu'il utilise pour contrecarrer l'action maléfique d'autres esprits ou pour guérir - c'est la cure chamanique.

CHEVAL La race chevaline se serait éteinte en Amérique il y a environ 10 000 ans et aurait été réintroduite par les conquistadores au XVIe siècle. Les Espagnols auraient abandonné des centaines de chevaux, plus ou moins redevenus sauvages. Le cheval fut ensuite domestiqué par les Indiens des Plaines et des Prairies, ce qui modifia profondément leur mode de vie et contribua à l'apparition de la culture classique des Plaines au XVIIIe siècle. La pratique de la chasse, de la guerre et même l'habitat en furent transformés.

COUREUR DE BOIS Ce terme s'applique, à partir de la fin du XVIIe siècle, aux hommes qui parfois illégalement se livrent à la traite des pelleteries en se rendant dans les villages indiens.

EAU DE FEU ALCOOL L'imagerie traditionnelle a fait de l'alcool frelaté, comme les plumes et le cheval, un accessoire obligé de l'Indien, buveur invétéré. L'alcool fut une marchandise d'échange pour le commerce et dans la diplomatie dès le XVIIe siècle. Au XIXe siècle, l'alcoolisme a progressé à l'intérieur du continent en même temps que la colonisation et la déstructuration des sociétés indiennes.

FOURRURE Du XVIIe au XIXe siècle, le commerce des pelleteries - surtout le castor - alimente l'un des principaux trafics entre Indiens et Européens, surtout Français et Anglais. Les peaux sont souvent troquées contre des armes, des objets manufacturés textiles, outils en métal, perles, alcool, etc.. Les profits considérables réalisés par les compagnies marchandes ont contribué au « décollage » économique de l'Angleterre et de la bourgeoisie parisienne.

INDIEN A partir de la découverte de l'Amérique, le terme désigne l'ensemble des indigènes du continent, les explorateurs croyant avoir atteint l'Inde par la route de l'Ouest. Pour les distinguer des habitants de l'Inde, le néologisme « Amérindien » est inventé en 1899. Aujourd'hui, le terme de « Native Americans » est parfois utilisé aux États-Unis et celui de « Premières Nations » ou d'Autochtones au Canada. Quant aux intéressés, ils préfèrent le plus souvent qu'on les désigne par le nom de leur peuple.

MAÏS OU BLÉ D'INDE Céréale originaire d'Amérique, facile à cultiver et très nourrissante, l'une des « trois soeurs » des Iroquois avec la courge et le haricot.

MANITOU Chez les peuples de langue algonquine, le terme désigne des êtres surnaturels qui vont à la rencontre des hommes sous différentes apparences humaines, animales, végétales, phénomènes naturels. L'idée d'un « Grand Manitou », sous l'influence du christianisme, renvoie à l'idée d'un dieu céleste et créateur. Ce mot est entré en français dans le vocabulaire courant pour désigner une personne importante.

MOCASSIN Le mot, qui vient d'une langue algonquine, désigne une chaussure de peau tannée, à la semelle souple, souvent brodée de perles.

PAPOOSE Mot algonquin qui désigne un enfant. Il est aujourd'hui considéré comme péjoratif.

PEAUX-ROUGES C'est ainsi que les Blancs désignaient parfois les Indiens au XIXe siècle, à cause des tatouages de certains ou de leurs peintures corporelles plutôt qu'en référence à la couleur supposément cuivrée de leur peau. Ce terme, souvent péjoratif, fut détourné par les militants du mouvement pour les droits civiques appelé « Red Power ».

POTLATCH Ce mot chinook désigne une grande cérémonie festive et ostentatoire chez les Indiens de la côte Nord-Ouest au cours de laquelle avaient lieu de grandes distributions. Tout le prestige vient dans ces sociétés de la capacité à donner. Prohibées en 1884 par le gouvernement canadien qui y voyait un gaspillage,les cérémonies continuèrent dans la clandestinité en Colombie-Britannique et connurent une recrudescence à la fin du XXe siècle, après la levée de l'interdiction.

POW-WOW Apparu à la fin du XIXe siècle, sur les réserves des Plaines, ce genre de rassemblement d'Indiens pour des cérémonies religieuses ou des commémorations de batailles est devenu aujourd'hui la principale expression de l'identité panindienne. Ritualisées et organisées par un maître de cérémonie, les danses y tiennent une place importante.

RED POWER Mouvement contestataire des années 1960 et des années 1970, inspiré du Black Power. Né dans les villes, le mouvement se propage aussi dans les réserves. Il milite pour la reconnaissance de droits spécifiques, contre le racisme et l'arbitraire policier dans les réserves. Il se fait connaître par des actions spectaculaires comme l'occupation de l'ancienne prison d'Alcatraz de 1969 à 1971, celles du Bureau des Affaires indiennes en 1972 et du site du massacre de Wounded Knee en 1973.

RÉSERVE OU AGENCE Territoire créé à partir du XVIIe siècle pour y contenir les tribus indiennes. Au XXe siècle, les réserves bénéficient d'une certaine protection étatique exemption fiscale, par exemple et y subsistent des reliquats de souveraineté siège des conseils tribaux. Certaines tribus n'en ont pas, d'autres se partagent une même réserve. Un tiers des Indiens des États-Unis vivent dans des réserves sur 2,5 % du territoire et un peu moins de la moitié de ceux du Canada sur 1 % du territoire.

SCALP Chez les Indiens de l'Est et des Plaines, trophée de guerre, constitué d'un morceau de cuir chevelu arraché à un ennemi, mort ou vif. La pratique existait avant l'arrivée des Européens, mais se développa avec l'apparition des couteaux en acier et le versement de « primes au scalp » par les colons européens.

SQUAW Mot algonquin signifiant « femme », aujourd'hui considéré comme péjoratif.

TOMAHAWK Mot algonquin désignant une hache, souvent à tête de pierre et à manche sculpté, peint ou décoré de rubans et de plumes, servant aussi bien d'outil que d'arme à la guerre.

TRAITÉS Accords conclus entre les colonies d'Amérique du Nord et les peuples indigènes, garantissant des droits spécifiques ou de l'argent en échange de cession de leurs terres. Ils constituent la base des relations juridiques entre les peuples indigènes et les États post-coloniaux. Les États-Unis en signèrent environ 800 entre 1789 et 1871, mais ils furent quasiment tous violés après leur ratification. Le Canada signa quant à lui 11 traités avec les Autochtones de 1871 à 1921. Quelques-uns sont encore valides, mais des traités modernes sont à nouveau négociés depuis les années 1970.

WIGWAM Habitation collective de certaines tribus semi-nomades. De forme circulaire ou allongée, pouvant abriter de 10 à 20 personnes, elle était fabriquée de branches, d'écorces ou de nattes.