"Le porteur d’histoire", un vrai spectacle
Le jeune metteur en scène Alexis Michalik pioche dans les événements de l'Histoire et la littérature pour nous conter le destin d'un homme à la croisée des chemins...
Il est long le chemin qui mène des Ardennes à l’Algérie, poussiéreux et difficile, surtout quand la vieille Peugeot qui emmène l’homme tombe en panne, quelque part au milieu de nulle part, dans un désert où il rencontre une femme et sa fille. Nous sommes en 2001 et l’homme, une fois désaltéré, raconte son histoire. Et revient donc dans les Ardennes où il est allé enterrer son père, un jour de mars 1988. Il pleut beaucoup dans les Ardennes, il est perdu, il appelle sa femme d’une cabine téléphonique, il lui parle, il lui raconte l’improbable trouvaille au cimetière d’une tombe qui contenait des carnets, dans lesquels une jeune fille, Adélaïde, l’héritière d’une vieille famille, les Saxe de Bourville, notait tout de sa vie et de celle de ses proches et aussi d’Alexandre Dumas et du peintre Delacroix, celui qui peignait l’Algérie, justement.
L’homme, il s’appelle Martin Martin – et son frère Henri, comme au Monopoly, et l’on pressent que l’auteur aime jouer - , difficile de faire plus anonyme, intrigué par ce qu’il lit, reprend la route et parcourt des milliers de kilomètres jusqu’à l’Algérie où il croise ces deux femmes, qui se cachent dans le désert, de quoi, de qui ? elles ont disparu un beau jour, menacées avec leur secret. Et elles vivent depuis dans une bâtisse ignorée de tous mais qui contient, étonnamment, une superbe bibliothèque. L’homme prend un livre, et une autre histoire commence où interviennent Polignac et Marie-Antoinette, le pape Clément VI et un garagiste.
Impossible de résumer ou de raconter l’histoire enchevêtrée des multiples personnages qui apparaissent dans l’étrange pièce d’Alexis Michalik, "Le Porteur d’histoire", dont le sous-titre, finalement éclairant, est « Chasse au trésor littéraire ». Des narrations gigogne, sur fond de guerres, de terrorisme, de tristesse, mais aussi de rencontres, d’amour, de gaieté. Un vrai spectacle, malgré une mise en scène très économe, un décor très simple, grâce à l’enthousiasme communicatif des cinq comédiens qui portent, véritablement, leurs histoires et donc, chacun à sa manière, l’Histoire qui en est tissée.
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"Le Porteur d’histoire", Mise en scène de Alexis Michalik.
Avec Amaury de Crayencour, Evelyne El Garby Klai, Magali Genou, Eric Herson-Macarel, Régis Vallée.
Jusqu'au 14 octobre au Théâtre 13/Jardin, 103 boulevard Auguste Blanqui, 75013 Paris. Réservations au 01 45 88 62 22.
Puis à partir du 2 février 2013 au Studio des Champs Elysées, 15 avenue Montaigne, 75008 Paris. Réservations au 01 53 23 99 19.
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