« Enfant non désiré de la guerre froide », l'Empire américain n'est pas né d'un projet concerté. Mais d'une logique de domination qui a amené Washington à occuper sur l'échiquier mondial les cases laissées vacantes par le retrait des anciennes puissances coloniales.
Le 7 décembre 1941, l'armada japonaise lance un raid-surprise sur la base navale américaine de Pearl Harbor, provoquant de lourdes pertes. La réponse des États-Unis est immédiate : ils entrent en guerre contre le Japon et l'Allemagne nazie. Plus rien ne sera jamais comme avant. Car, ce qui se joue, c'est l'acceptation pour l'avenir de responsabilités qui soient à la mesure de leur puissance et de leurs intérêts. Non que les États-Unis se soient retranchés jusque-là dans l'isolationnisme*. Mais s'écroule la croyance qu'ils puissent tenir leur rang dans le monde et préserver celui-ci d'un conflit suicidaire sans sortir du « sanctuaire », admirablement protégé par les océans, que la providence leur avait offert.
Cette conception du « sanctuaire » américain remonte au XIXe siècle, dont l'histoire est marquée par une expansion continue, obtenue tantôt par des voies pacifiques tantôt par la force
(cf. carte)
. Il s'agissait, pour les responsables de la démocratie américaine, de laisser se développer un mouvement « naturel » visant à faire coïncider les frontières de l'Union avec l'espace, plus ou moins vacant, que la providence avait de toute évidence réservé aux pionniers du Nouveau Monde.
Pour le reste, on se contentait de fixer des limites aux ambitions européennes, en proclamant que l'Amérique appartenait aux Américains ? c'est la fameuse doctrine Monroe*, énoncée par le président américain en 1823 ? et que les espaces non encore annexés devaient rester ouverts au commerce des États-Unis.
Il faut attendre la charnière du XIXe...
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