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La publication des Mémoires de guerre de Winston Churchill rend justice au héros de la Seconde Guerre mondiale. L’Histoire vous livre des extraits inédits, accompagnés d’une analyse de l’action de Churchill, des Dardanelles à Fulton.
Les peuples démocratiques aiment les grands hommes, surtout quand ils sont morts. L’épreuve qui a fait leur gloire une fois achevée, ils sont renvoyés à leurs pantoufles et à leurs flûtiaux. Les parlementaires français refusent en 1920 d’élever Clemenceau à la présidence de la République ; de Gaulle, faute d’appui suffisant, doit quitter le gouvernement qu’il dirigeait en janvier 1946 ; Churchill est le grand vaincu des élections britanniques de 1945. Cette ingratitude justifie à sa manière ce qu’on a appelé la « nouvelle histoire », dont l’objet n’était plus les cimes mais la glèbe, non plus les sommets de l’État mais la vie des hommes ordinaires : plutôt que l’événement, la longue durée ; la structure, plus que la conjoncture. Ce dédain de l’histoire dite événementielle avait pour corollaire celui des personnalités : les héros nous avaient assez fatigués. Les historiens en sont un peu revenus. L’événement a été largement réhabilité. Et quel événement plus important, plus bouleversant, plus déterminant que la guerre mondiale ? La durée historique suit plusieurs temporalités, les très lentes mutations mais aussi les secousses sismiques. L’histoire politique a été reconsidérée et, avec elle, le rôle de certains acteurs qu’on appelle à tort ou à raison les grands hommes. Winston Churchill a été de ceux-là, et la publication de ses Mémoires en français nous invite à méditer sur le phénomène. Les grands hommes ne sont pas une construction des médias, quand bien...
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