LOI n° 2001-434 du 21 mai 2001
Loi tendant à la reconnaissance, par la France, de la traite et de
l’esclavage en tant que crime contre l’humanité.
NOR : JUSX9903435L
L’adoption de cette loi fait suite au dépot à l’Assemblée
Nationale, le 22 Décembre 1998, d’une proposition de loi de Christiane
Taubira, députée de la Guyane.
Article 1er
La République française reconnaît que la traite négrière
transatlantique ainsi que la traite dans l’océan Indien d’une part,
et l’esclavage d’autre part, perpétrés à partir du xve
siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l’océan
Indien et en Europe contre les populations africaines, amérindiennes,
malgaches et indiennes constituent un crime contre l’humanité.
Article 2
Les programmes scolaires et les programmes de recherche en histoire et en
sciences humaines accorderont à la traite négrière et
à l’esclavage la place conséquente qu’ils méritent.
La coopération qui permettra de mettre en articulation les archives
écrites disponibles en Europe avec les sources orales et les connaissances
archéologiques accumulées en Afrique, dans les Amériques,
aux Caraïbes et dans tous les autres territoires ayant connu l’esclavage
sera encouragée et favorisée.
Article 3
Une requête en reconnaissance de la traite négrière transatlantique
ainsi que de la traite dans l’océan Indien et de l’esclavage comme
crime contre l’humanité sera introduite auprès du Conseil de
l’Europe, des organisations internationales et de l’Organisation des Nations
unies. Cette requête visera également la recherche d’une date
commune au plan international pour commémorer l’abolition de la traite
négrière et de l’esclavage, sans préjudice des dates
commémoratives propres à chacun des départements d’outre-mer.
Article 4
Le dernier alinéa de l’article unique de la loi no 83-550 du 30 juin
1983 relative à la commémoration de l’abolition de l’esclavage
est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés
:
« Un décret fixe la date de la commémoration pour chacune
des collectivités territoriales visées ci-dessus ;
« En France métropolitaine, la date de la commémoration
annuelle de l’abolition de l’esclavage est fixée par le Gouvernement
après la consultation la plus large ;
« Il est instauré un comité de personnalités qualifiées,
parmi lesquelles des représentants d’associations défendant
la mémoire des esclaves, chargé de proposer, sur l’ensemble
du territoire national, des lieux et des actions qui garantissent la pérennité
de la mémoire de ce crime à travers les générations.
La composition, les compétences et les missions de ce comité
sont définies par un décret en Conseil d’Etat pris dans un
délai de six mois après la publication de la loi no 2001-434
du 21 mai 2001 tendant à la reconnaissance de la traite et de l’esclavage
en tant que crime contre l’humanité. »
Article 5
A l’article 48-1 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la
presse, après les mots : « par ses statuts, de », sont
insérés les mots : « défendre la mémoire
des esclaves et l’honneur de leurs descendants, ».