Valery Giscard d'Estaing, l'échec d'un modéré

Affirmant dès son entrée en fonctions sa volonté de rajeunissement et de réforme de la France, annonçant une « ère nouvelle », Valery Giscard d'Estaing voulut rassembler autour de la droite modérée un vaste parti du « centre ». La défection des gaullistes, menés par Jacques Chirac, et le choc de la crise mondiale eurent raison de cette ambition.

Le 10 mai 1981, le président de la République sortant, Valery Giscard d'Estaing, était battu par son concurrent François Mitterrand, obtenant 48,24 % des suffrages exprimés, contre 51,75 % à son adversaire.

Pourquoi une présidence vouée, au début, à la jeunesse, au changement, au progrès de la société, s'était-elle terminée par l'échec le plus cinglant qu'un homme politique puisse connaître ?

Depuis le retour au pouvoir du général de Gaulle en 1958, la « majorité » parlementaire était composée des députés « gaullistes » et des « modérés », c'est-à-dire de la droite classique [...]

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Par Jean-Jacques Becker