L'architecture, une affaire d'État

Les architectes italiens de la Renaissance ont cherché à servir la gloire des princes. Devenus artistes de cour, ils ont inventé une nouvelle forme d'art, idéal, où les talents du peintre et du dessinateur le disputent à ceux de l'ingénieur et de l'urbaniste.

Les cathédrales gothiques furent longtemps admirées comme des oeuvres anonymes et collectives. Ni Michelet ni Hugo ne traquaient la griffe de l'architecte dans Notre-Dame de Paris, préférant y deviner les lents et laborieux efforts d'un peuple chrétien uni dans l'espoir du salut.

Rien de tel lorsque l'on entre à Saint-Pierre de Rome. Y triomphe l'affirmation orgueilleuse de la gloire de l'architecte : la marque de l'individualisme créateur de Bramante, Sangallo ou Michel-Ange. Les derniers siècles du Moyen-Age se caractérisent en effet par l'exaltation de l'architecture et l' [...]

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Par Patrick Boucheron