Jeanne d'Arc, icône à tout faire
LE NOM DE JEANNE D'ARC, à partir du XIXe siècle, s'est prêté à tous les usages, patronnant des eaux minérales, des « carrés de l'Est », ou des cercles de jeunes catholiques. Rançon de la gloire pour l'héroïne nationale par excellence, « libératrice de la France » Henri Martin, fondatrice du patriotisme selon Michelet ! Cependant si, dans un pays aussi divisé, la Pucelle d'Orléans a fait l'unanimité - ou presque Voltaire a vu en elle « une malheureuse idiote » -, sa mémoire a été revendiquée, utilisée, instrumentalisée par des groupes et des partis opposés.
Une héroïne de gauche
A la suite de Michelet, Jeanne d'Arc a été exaltée par les républicains, qui ont vu en elle une fille du peuple, animée du sentiment national, injustement condamnée à mort par un tribunal de l'Inquisition. Larousse, dans son Grand Dictionnaire du XIXe siècle , démocratise son patronyme et oppose Jeanne d'Arc à l'Église dont la volonté a été d' « entraver sa mission, la faire mourir et sous prétexte de la réhabiliter charger de légendes apocryphes sa mémoire » . Gambetta affirme : [...]
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