La république a-t-elle besoin de grands hommes ?
Pour enterrer Mirabeau et honorer les grands hommes, la Révolution a doté la France d'un temple laïque, le Panthéon. Puis la IIIe République a développé une pédagogie et une morale fondées sur les exemples qu'offrent les personnages historiques, rois compris. Paradoxe d'un régime qui rejette le culte de l'homme fort, mais en a eu besoin pour s'imposer.
Maurice Agulhon : Sous la Révolution française, bien sûr. La Révolution est elle-même issue de la philosophie des Lumières, de tout un idéal de raison, de civisme et de philanthropie. Il était naturel, dans cet esprit, de considérer que des hommes ordinaires, ceux qui n'étaient ni roi ni fils de roi ni général en chef ni encore saint de l'Église catholique, avaient pu être assez bienfaisants pour mériter des honneurs publics. Cela relevait d'un idéal progressiste, [...]
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