1802-1885 : La traversée du siècle

C’est un fait acquis. Victor Hugo est le républicain exemplaire. Rien ne prédisposait le jeune poète royaliste à un tel destin politique. Né avec le siècle, c’est dans les bouleversements du printemps 1848 qu’il s’ouvre à la République. Avant de devenir, dans l’exil et l’opposition inflexible à Napoléon III, la parfaite incarnation du peuple souverain.

Le 23 février 1848, à Paris, le sang a coulé boulevard des Capucines, le faubourg Saint-Antoine est en ébullition, la place de l’Hôtel de Ville noire de monde, le roi Louis-Philippe prêt à s’enfuir, Guizot se cache, avant de prendre, lui aussi, le chemin de l’exil. Pris de court par la révolution, Victor Hugo, académicien et pair de France, haute dignité de la monarchie de Juillet, s’emploie à défendre alors la solution dynastique : la régence.

Hardiment, il se mêle à la foule et [...]

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Par Michel Winock