Sous l'oeil de Kipling

Dans Le Livre de la jungle ou les Simples Contes des collines, Rudyard Kipling célèbre la grandeur impériale. Toutes ses dernières oeuvres, pourtant, ont tenté de mettre en garde ses contemporains contre l'aveuglement colonial.

Un jour de 1897, les Rois mages ont traversé Londres. Il y avait des sultans, des sorciers africains, des chefs aborigènes, et même un ou deux Iroquois. Et aussi quatorze rajas suivis de leurs dignitaires, étincelants de pierreries tout au long du défilé qui, de Buckingham à la cathédrale Saint-Paul, honorait pour la seconde fois Victoria, impératrice des Indes depuis vingt ans.

En entendant tintinnabuler les cuirasses des hussards, les lances du Second Pendjab et les crosses des fusiliers, les Londoniens voyaient se matérialiser un pays rêvé. Un pays où, pensaient-ils, 300 millions [...]

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Par Anthony Rowley