La SNCF, la Shoah et le juge
Au mois de juin 2006, la SNCF était condamnée par le tribunal administratif de Toulouse pour sa participation aux transferts de détenus sous l'Occupation. Quelles sont exactement les responsabilités de l'entreprise française dans la déportation ? Annette Wieviorka a repris le dossier.
Le 6 juin 2006, le tribunal administratif de Toulouse condamnait l'État et la SNCF à verser aux ayants droit de Georges Lipietz, mort en 2003 c'est-à-dire sa veuve et ses trois enfants, Hélène, Alain, Catherine, et à M. X, son demi-frère1, une somme dont le total se monte à 62 000 euros.
Le jugement retient dans ses motivations deux chefs de responsabilité. D'abord que la SNCF a utilisé la marge d'autonomie dont elle disposait pour faciliter les transferts vers Drancy dans le cas des frères Lipietz ou d'autres camps français. Ensuite que la SNCF faisait voyager les victimes dans des [...]
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