Mirabeau. L'excès et le retrait

Honoré Gabriel Riqueti, comte de Mirabeau, est né en Gâtinais en 1749. Fils d’un officier du roi, il supporte mal l’autorité paternelle qui cherche à canaliser ses désordres en sollicitant contre lui des lettres de cachet. La Révolution lui ouvre une carrière politique. Lié avec le duc d’Orléans, il se fait élire aux États généraux, dans les rangs du tiers état de Marseille.

Il joue un rôle capital au sein du tiers et marque le tournant essentiel de la fin de l’Ancien Régime en lançant le 23 juin 1789, devant le représentant du roi, l’apostrophe célèbre : « Allez dire à votre maître que nous sommes ici par la volonté du peuple et que nous n’en sortirons que par la force des baïonnettes. » C’est le moment aussi où il confie à des amis son ambition de devenir Premier ministre dans le nouveau régime qui s’annonce. C’est compter sans la volonté de Louis XVI d’arrêter la révolution et celle, bruyamment affirmée, du peuple parisien d’aller beaucoup plus loin : c’est chose faite le 14 juillet, avec la prise de la Bastille.

Mirabeau est encore du côté des patriotes dans la nuit du 4 août et, le 2 novembre, en votant la mise à la disposition de la nation des biens du clergé. En revanche, il se désolidarise d’eux en réclamant le veto absolu du roi. Un moment accusé de trahison, à la suite d’une entrevue secrète avec la reine, il meurt brusquement le 2 avril 1791. Ce livre un peu bavard mais de lecture agréable est bien informé sur un personnage majeur et haut en couleur de l’histoire de la Révolution française.

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Mirabeau. L'excès et le retrait, par Jean-Paul Desprat, Perrin, 2008, 798 p., 26,50 euros.

Par Jean-Paul Desprat