L'apprentissage de la politique

L'éclat violent des journées révolutionnaires ou les débats sur le vote ont longtemps occulté les manifestations plus réelles et durables d'une politisation du peuple.

Dès 1795, c'est entendu. Le responsable de la Terreur, le coupable du débordement de violence qui a secoué la France révolutionnaire a un nom vague et effrayant : le peuple. Il s'agit pour le personnel politique du Directoire de construire, par une pure fiction, l'innocence des députés de la Convention qui avaient pourtant voté toutes les lois de la Terreur.

Érigé en catégorie langagière délibérément floue, le peuple est désormais désigné à la vindicte des « honnêtes gens » qui s'apprêtent à tailler une Constitution dite bourgeoise, celle de l'an III 1795. Déjà, au début de l' [...]

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Par Pierre Serna