« Vive Degol ! »
La résistance active des Antillais de France au cours de la Seconde Guerre mondiale : une histoire un peu oubliée, relatée dans une exposition permanente présentée début juillet à l'hôtel de la Marine et qui se tient aujourd'hui dans tous les services départementaux de l'Office national des anciens combattants. « Dissidence » était le terme choisi par les cadres pétainistes pour désigner l'opposition des Martiniquais et Guadeloupéens au régime de Vichy. Après la défaite de l'été 1940, l'amiral Robert, haut-commissaire de France aux Antilles et en Guyane, est chargé d'assurer la fidélité des îles au régime. Pétainiste de la première heure, il profite de l'occasion pour imposer un retour à des valeurs traditionnelles et condamner « l'esprit de jouissance » à l'antillaise : les carnavals et les bals populaires sont supprimés, le rhum prohibé... La vie « an tan Robé » au temps de Robert, fait craindre l'apparition d'une nouvelle forme d'oppression coloniale. Beaucoup des élus locaux qui avaient pressenti le danger dès juin 1940 et tenté de poursuivre le combat sont emprisonnés. La population prend peu à peu le relais, et cela de plus en plus massivement à partir de 1942. La dissidence est multiforme. Elle passe par des actions clandestines individuelles ou collectives graffitis, par le combat des idées avec notamment la revue Tropiques, créée en avril 1941 par les époux Césaire mais aussi par le départ de plusieurs milliers de jeunes hommes et femmes vers les îles Britanniques voisines, pour rejoindre ensuite les FFL de De Gaulle, le « général Micro ». Partis sur des embarcations de fortune, ils participeront à la lutte armée, principalement aux campagnes de France et d'Italie. La Martinique et la Guadeloupe seront libérées du joug de Vichy à l'été 1943.
Exposition permanente dans toutes les directions départementales de l'Onac renseignements : www.onac-vg.fr.
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