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État d'avancement en mars 2014 : du n°219 au 238."

Aithra et Pandora. Femmes, genre et cité dans la Grèce antique

Sous un titre un peu énigmatique qu’explique le sous-titre, Pauline Schmitt-Pantel a réuni une quinzaine de textes publiés durant ces trente dernières années, qui éclairent de manière significative l’évolution de la recherche dans le domaine de l’histoire des genres. Deux études notamment, parues l’une au début des années 1980, l’autre au début de la décennie suivante, dressent un bilan historiographique qui marque clairement comment on est passé de l’histoire des femmes à l’histoire du genre, en prenant ce dernier terme au sens plein d’une histoire de la relation entre sexes considérée comme un élément de l’histoire des relations sociales.

En dehors de ces textes, Pauline Schmitt-Pantel en a choisi quelques-uns qui illustrent à merveille la complexité des situations. Ainsi, l’auteur montre comment les espaces s’imbriquent, comment la ligne de partage n’est pas masculin/féminin mais bien plutôt privé/public, hommes et femmes de la même maisonnée se retrouvant du même côté de la ligne. De même, une belle étude sur les nécropoles, les maisons et les sanctuaires conduit à la conclusion qu’il s’agit à bien des égards d’espaces partagés. Autant dire que le gynécée est définitivement à ranger au magasin des mythes historiographiques !

Les hommes ne sont pas oubliés, notamment les jeunes gens, qu’ils s’agissent des jeunes Corcyréens que le tyran de Corinthe veut faire châtrer pour punir la cité, ou de ceux qui participent indirectement aux banquets aux côtés de jeunes filles dont, à l’évidence, ils partagent le statut.

Ce recueil d’articles tire sa force d’une profonde cohérence thématique et méthodologique. Une vraie réussite qui devrait réconcilier ceux qu’irritent les travaux sur le genre avec une recherche fondamentale lorsqu’elle est conduite avec clarté et précision.

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Aithra et Pandora. Femmes, genre et cité dans la Grèce antique par Pauline Schmitt-Pantel, L’Harmattan, « Bibliothèque du féminisme », 2009, 232 p., 23 euros.

Par Pauline Schmitt-Pantel