Athènes hellénistique. Histoire de la cité d'Alexandre le Grand à Marc Antoine

S'il était encore quelqu'un pour croire que l'époque hellénistique marque le déclin de la cité grecque en général et d'Athènes en particulier, qu'il se précipite sur le livre de Christian Habicht, un classique enfin disponible en français.

En quatre cents pages d'un texte dense, l'auteur présente les résultats de plus de vingt ans de travail, bilan passionnant dont il laisse souvent le soin de tirer les conclusions au lecteur lui-même.

Christian Habicht se contente en effet de suivre, selon un plan presque toujours strictement chronologique, ce que l'on sait de la vie politique, diplomatique, militaire d'Athènes depuis l'époque d'Alexandre jusqu'à la défaite d'Antoine à Actium. Il n'omet rien, insère avec un rare bonheur le moindre texte, le plus petit fragment de décret ou la dédicace la plus banale en apparence dans le contexte général que chacun contribue à éclairer et à mieux comprendre.

De cette accumulation surgit, dans sa réalité la plus concrète, la vie politique athénienne : Christian Habicht nous en présente tous les acteurs, met en évidence les relations familiales, rend justice à ceux qu'on a voulu faire passer pour des traîtres, souligne la permanence de quelques familles.

Mais, plus encore, on perçoit enfin combien Athènes reste active sur la scène politique, alliant à la fois les préoccupations de la « grande politique » — les liens avec les puissants royaumes, en particulier le trop proche voisin macédonien —, et les échanges bilatéraux avec les États les plus divers, les grandes confédérations d'Achaïe et d'Étolie, mais aussi des cités minuscules dont l'amitié importe.