« Le Couronnement impérial de Charlemagne » de Robert Folz

Qui a décidé que Charlemagne serait empereur ? Robert Folz raconte l'an 800.

Le Couronnement impérial de Charlemagne paraît en 1964. Pour Robert Folz, la question est de savoir comment et pourquoi le roi des Francs fut promu à une dignité éteinte depuis trois siècles, devenant ainsi le successeur des anciens Césars : d’où lui vient cette idée d’empire ? Est-ce une volonté de sa part ? Une décision du pape ? Folz montre d’abord que la partie la plus importante du règne de Charlemagne 768-814 se situe avant son couronnement. A partir de 772, Charlemagne agrandit le royaume franc jusqu’à en faire le plus grand territoire de l’Occident. C’est un royaume bien administré. Le roi se montre le protecteur vigilant et autoritaire de l’Église. L’idée d’empire chrétien-romain ou chrétien-franc est familière à une élite intellectuelle bien avant le couronnement impérial.

Vers la fin de l’an 800, Charlemagne se rend à Rome pour y rétablir l’ordre. Le pape Léon III lui propose le titre d’empereur. Le jour de Noël, alors que Charles se lève devant la tombe de saint Pierre, le pape, devançant l’acclamation du peuple, et inversant le rite byzantin, le couronne de ses propres mains. Charlemagne est mécontent car il devient ainsi tributaire du pape. Or si pour lui l’unité de l’empire est fondée sur l’universalisme de l’Église, la réalité du pouvoir demeure franque.

Le traité de Verdun, en 843, sonne le glas de son empire mais l’image de Charlemagne reste vivace dans la mémoire collective. L’idée même d’empire permet aux juristes des xiiie et xive siècles de dégager la doctrine de la puissance absolue du roi de France. En un mot, l’héritage de Charlemagne serait la France elle-même.

Par Jacques Berlioz