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Médecin des morts. Récits de paléopathologie

La paléopathologie, que Philippe Charlier définit comme "une discipline médicale [qui] étudie les maladies des populations du passé à partir des restes minéraux squelettes et organiques momies issus de fouilles archéologiques", est une discipline récente, dont la place dans l’histoire devrait se conforter au fil du temps : l’histoire du corps y trouve en effet matière à approcher au plus près le corps "vécu" si difficile à appréhender à travers les sources écrites.

Une des difficultés méthodologiques de cette collaboration réside, évidemment, dans le lien à établir entre histoire et médecine et que nécessite la mise en contexte des éléments révélés dans ce diagnostic d’un genre particulier. Philippe Charlier s’essaie à l’exercice, dans un livre qui regroupe plus d’une vingtaine d’études de "restes" humains répartis dans le temps de l’Antiquité à l’époque moderne et dans l’espace du Chili au Tibet.

Écrit dans un style aisément accessible aux néophytes, l’ouvrage n’échappe pas aux développements un peu attendus, et parfois un peu dépassés par les travaux récents des spécialistes, comme celui de la "petite histoire des autopsies".

Mais on lui pardonnera aisément tant sont intéressantes les études de cas, comme celui d’Agnès Sorel : par-delà de la question anecdotique dans la forme de l’empoisonnement éventuel de la favorite de Charles VII, le diagnostic d’ascaridiose une infection parasitaire fournit l’occasion de réfléchir sur les représentations angoissées du corps "pourrissant" au coeur même de la vie. Sur les techniques d’embaumement, les maladies liées au genre de vie travaux, carences, urbanisation, etc., les vicissitudes des reliques royales, l’ouvrage est tout aussi passionnant.

Par Philippe Charlier