Vivre a Bordeaux sous l'Ancien Régime

Après Lyon, Marseille et Lille, la collection « Vivre à ... sous l'Ancien Régime », dirigée par Guy Chaussinand-Nogaret, s'enrichit d'un Bordeaux, dû à Paul Butel.

Aux XVIe et XVIIe siècles, l'histoire de la cité, jalouse de ses institutions maire et jurats, parlement, est jalonnée d'une série de troubles graves : insurrection antifiscale de 1548, très durement réprimée, épreuves des guerres de Religion, émeutes du temps de Louis XIII, révolte de l'Ormée à la fin de la Fronde, ultime rébellion antifiscale de 1675. Dans le même temps, comme la plupart des villes d'Europe occidentale, Bordeaux vit à l'heure de la peste qui, avec un terrible régularité, tous les quinze ans à peu près, sème la mort et la désolation.

Mais le Bordeaux de Montaigne, tapi derrière ses remparts, est aussi un port actif dont le trafic, surtout avec l'Europe du Nord, porte essentiellement, à l'exportation, sur les vins du Bordelais et les produits de la moyenne Garonne. C'est enfin la capitale d'un diocèse où, dès le début du XVIIe siècle, grâce au très énergique archevêque François de Sourdis, triomphe la réforme catholique qui touche autant les élites que les classes populaires.

A la fin du XVIIe, la ville se transforme rapidement. Elle s'étend au-delà de ses remparts et surtout s'ouvre au grand commerce avec les îles. « Bordeaux-sur-Antilles tout autant que Bordeaux-sur-Garonne », comme l'écrit joliment Paul Butel, devient ainsi le premier port français de l'Atlantique. Les élites marchandes jouent désormais un rôle décisif, aux côtés des parlementaires et autres robins contraints d'accepter, bon gré mal gré, le contrôle monarchique exercé par l'intendant.

Au-delà de cette synthèse de la « grande histoire » bordelaise, l'auteur consacre une troisième partie, fort réussie, à « la société au fil des jours », où est étudiée avec soin et précision la vie quotidienne des Bordelais, notamment leur sens de la fête et de la « cérémonie ».

Un livre très bien informé, présentation vivante et contrastée de trois siècles de l'histoire de la cité.