Note au lecteur

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État d'avancement en mars 2014 : du n°219 au 238."

Crime et folie. Deux siècles d'enquêtes médicales et judiciaires

Pourquoi certains hommes commettent-ils des crimes ? Tout crime est-il le signe d’une folie, au moins passagère ? Ces questions sans réponse sont très anciennes, mais le débat n’a pris son statut moderne qu’avec l’invention de la psychiatrie, à la fin du XVIIIe siècle. Un homme ayant tué la femme qui l’aimait et sa mère à Trieste en 1807 donne ainsi lieu à l’un des tout premiers procès faisant appel à l’expertise médicale - le meurtrier soutenant qu’il n’était pas responsable, ayant agi sous l’emprise de la folie.

En dépit d’une histoire mouvementée marquée par l’émergence puis l’éviction d’un certain nombre de théories plus ou moins aberrantes - comme celle du criminel-né de Lombroso -, l’époque actuelle ne semble pas avoir beaucoup progressé dans la compréhension de ces phénomènes ni dans la gestion concrète du rapport entre crime et folie.

Outre les multiples descriptions de « faits divers » spectaculaires qui émaillent cet ouvrage, son principal intérêt est de faire des incursions dans les méandres de points de vue aujourd’hui oubliés ou méconnus et de rendre compte de la fortune de ces théories dans la pratique judiciaire ou l’imaginaire collectif. Ainsi apprend-on qu’une revue de criminologie a publié en 1906 un texte de Freud dans lequel le grand homme propose aux juges d’instruction des tests permettant de révéler des signes objectifs de culpabilité au cours d’un interrogatoire...

Auteur d’une Histoire de la phrénologie, Marc Renneville s’attaque ici à un sujet beaucoup plus ambitieux et cette série de descriptions nous laisse un peu sur notre faim. Reste cependant un chantier ouvert et un ouvrage agréable à lire. Et parfois captivant.