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Bonne lecture.

Essai sur la colonisation positive. Affrontements et accommodements en Afrique noire, 1830-1930

Auteur reconnu de la première thèse sur les soldats africains de la Grande Guerre et d’une biographie de référence sur Gallieni, Marc Michel contribue dans cet essai aux débats qui, surtout depuis le vote de la loi du 23 février 2005 sur « le rôle positif de la présence française outre-mer », secouent le milieu des spécialistes de l’histoire de la colonisation. Malgré un titre provocateur, l’auteur affirme ne pas vouloir « jauger la colonisation à l’aune de ses bienfaits » ou de ses « méfaits », déclaration d’intention qui résiste mal à la lecture.

Si l’auteur n’ignore pas la violence, il insiste sur l’ambivalence de la « rencontre » coloniale, ici traitée à partir du cas africain. Cette posture conduit, par exemple, à mettre sur le même plan « quelques enfumades » et « quelques missionnaires morts dans leur apostolat », à insister sur les responsabilités des régimes africains post-coloniaux dans la manipulation des ethnies, à conclure que « la construction coloniale comporta suffisamment d’aspects jugés positifs par la suite » pour qu’on ne puisse pas en « nier l’ambiguïté fondamentale ».

Grand connaisseur de l’historiographie aussi bien francophone qu’anglophone l’ouvrage reprend utilement des travaux anciens souvent négligés, Marc Michel propose une synthèse accessible sur un très long XIXe siècle. Il revient sur le glissement de la traite des hommes à la traite des produits, sur l’émergence de nouvelles catégories sociales, sur la prise de possession et l’administration des territoires. Son livre s’achève sur la montée des mouvements de contestations dans les années 1920.

Marc Michel offre ici une vision parfois tout en nuances mais à l’occasion partiale, nourrie d’un certain nombre de recherches récentes malgré le classicisme de la démonstration. On l’éclairera par le petit livre stimulant de Catherine Coquery-Vidrovitch publié récemment aux éditions Agone, Les Enjeux politiques de l’histoire coloniale .

Par Marc Michel