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État d'avancement en mars 2014 : du n°219 au 238."

La République anticléricale, XIXe-XXe siècle

Dans un monde où les prêtres sont dépeints comme des « chantemesses » et des « chasublards », l’hostie comme une « gaufre » ou un « gruau céleste » et le calice comme une « baignoire à bon Dieu », contre quel pouvoir luttent les anticléricaux de la IIIe République : l’emprise de l’Église sur la société ou plus fondamentalement celle de la religion, combattue au nom de la raison, de la science et du progrès ?

Dans ce riche recueil d’articles, Jacqueline Lalouette montre que s’il y a de multiples manières d’exprimer son anticléricalisme à la fin du XIXe siècle chansons, pamphlets, caricatures..., il y a autant d’évolutions personnelles qui conduisent à devenir anticlérical. Grâce à cette approche culturelle, l’auteur, qui est l’une des meilleures spécialistes de la libre-pensée, va bien au-delà de l’étude de l’anticléricalisme institutionnel.

Elle retrace des parcours, celui de Louis Blanc hostile à la « caste des hauts barons épiscopaux » mais pas à « l’esprit du républicain Jésus, du socialiste fils de Marie », celui d’Auguste Scheurer-Kestner, vice-président du Sénat, pour qui les ralliés eux-mêmes restent des « cléricaux costumés en républicains », celui de Ferdinand Buisson, grande figure du parti radical, qui salue les « esprits émancipés de la foi et de la peur ».

Elle visite aussi les lieux d’émergence de l’anticléricalisme, le Grand dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse, la morale, la science - ou plus exactement ces « sciences de combat » que sont alors l’histoire des religions, l’étude de la préhistoire ou celle de la linguistique. Avec ses périodes de référence - la Grande Révolution et la Ire République -, ses grands hommes et ses combats - contre les sanctuaires de la Salette et du Sacré-Coeur par exemple -, l’anticléricalisme apparaît dans toutes ses nuances, comme un système culturel : l’autre visage de la fille aînée de l’Église.

Par Jacqueline Lalouette