Note au lecteur

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Bonne lecture.

Le nationalisme algérien avant 1954

Benjamin Stora réunit ici plusieurs de ses travaux, publiés entre 1987 et 2009, sur la création du mouvement national algérien et ses liens avec la gauche réformiste et révolutionnaire française. Il croise ce qui relève de l’histoire des gauches en France avec l’histoire de la migration algérienne en métropole après la Grande Guerre - moment qui voit la fondation à Paris, en 1926, du premier mouvement national et indépendantiste algérien, l’Étoile nord-africaine ENA. Il nous donne ainsi à voir la double ambiguïté qui structure et les mouvements réformistes et révolutionnaires français, tiraillés entre lutte anticapitaliste, lutte antifasciste et lutte anti-impérialiste, et le mouvement national algérien. De cette ambiguïté naît la grande désillusion de la période du Front populaire et le rejet définitif, par l’ENA et Messali Hadj, tant du projet assimilationniste Blum-Viollette incarné par la SFIO que de l’alliance avec le PCF.

On suit également la trajectoire politique et sociale de l’Étoile nord-africaine, hybridation complexe entre deux traditions : celle du mouvement ouvrier français et de sa politisation depuis le XIXe siècle et celle de l’Algérie arabe et musulmane. Et la lecture extrêmement fine des militants nationalistes algériens, au travers notamment d’un travail biographique d’une richesse saisissante, est d’une grande pertinence. On comprend ainsi avec une grande clarté ce qui amène finalement, avec la constitution d’un parti nouveau - le FLN - centré sur le recours à la lutte armée, au 1er novembre 1954 et au début de la guerre d’Algérie.

Par Benjamin Stora