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Le Temps des HLM, 1945-1975. La saga urbaine des Trente Glorieuses

Dans une approche « à la fois historique et socioculturelle », Thibault Tellier, maître de conférences à l’université Lille-III, entreprend de conter « la saga urbaine des Trente Glorieuses ». Partant de l’idée que le logement collectif a marqué l’évolution de la société française, il bâtit son récit sur l’assimilation entre développement urbain, construction des grands ensembles et diffusion du type HLM dans les années 1945-1975.

On pourrait trouver le raccourci rapide. Cette petite histoire d’une « illusion urbaine » n’en éclaire pas moins les enjeux toujours actuels de la question du logement. De façon opportune, au vu de la dernière campagne électorale pour la présidentielle de 2007, l’auteur rappelle le consensus social et politique de l’époque sur les bienfaits de la propriété et de la possession par chaque famille de son logement. Mais cet idéal, dans une France en expansion confrontée à un développement démographique inattendu, s’est heurté dès le début des années 1950 aux nécessités économiques du logement de masse. C’est ainsi que les « Français, qui se rêvaient propriétaires d’un petit pavillon, [se sont réveillés] locataires dans l’un des sites les plus emblématiques mis en chantier à cette période : Sarcelles ».

On suit dès lors l’essor et la chute d’un modèle d’habitat qui, pour avoir eu les faveurs des pouvoirs publics et de ses premiers habitants, n’a pu échapper à ses faiblesses constitutives : l’inadéquation avec le rêve pavillonnaire, le hiatus entre les implantations périphériques et le lien avec la ville, etc. Confrontés à la profondeur de la crise du logement et aux urgences de sa solution, les politiques ont géré au jour le jour le déficit, sans pouvoir dissiper le malentendu qu’ils avaient eux-mêmes contribué à entretenir : faut-il attendre de l’État qu’il loge ses populations ?

Par Thibault Tellier