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État d'avancement en mars 2014 : du n°219 au 238."

Histoire de la culture équestre, XVIe-XIXe siècle

Après un premier volume consacré au « cheval moteur », qui décrivait la place centrale du cheval dans la naissance de l'économie moderne, Daniel Roche nous livre ici le deuxième tome de sa magistrale Histoire de la culture équestre, destinée à en compter trois.

La Gloire et la puissance met en scène une société d'écuyers étroitement liée au statut nobiliaire, où le cheval représente le premier signe de distinction. La fortune et la puissance se jugent à l'aune de l'importance et de la beauté de la cavalerie, qui inclut des chevaux de chasse, d'attelage, de guerre et de parade, et de la munificence d'écuries au personnel pléthorique. Les académies équestres forgent autant le corps que l'âme des élites et enseignent d'abord l'art de gouverner les hommes. Dans toute l'Europe, « la culture équestre des dominants éblouit de son éclat le monde des dominés ». Elle se décline à travers une statuaire monumentale érigée au coeur des villes, où le roi cavalier, représenté en majesté sur cette allégorie du peuple qu'est le cheval puissant mais soumis, donne à voir un pouvoir en réalité absent.

Après la Révolution, la société d'écuyers se transforme sous une double influence, celle des Anglais qui diffusent le modèle d'une équitation utilitaire d'extérieur, celle de l'armée, qui souhaite former le maximum de cavaliers. Les manèges se généralisent, mais l'art équestre reste un élément de prestige et de distinction au sein de la haute société ou de ceux qui aspirent à y entrer.

Une belle leçon d'histoire totale qui fait justice au rôle central et pourtant trop souvent oublié du cheval dans la construction occidentale.

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Histoire de la culture équestre, XVIe-XIXe siècle, T. II, La Gloire et la puissance. Essai sur la distinction équestre, par Daniel Roche, Fayard, 2011, 493 p., 30 euros.

Par Daniel Roche