Note au lecteur

"L'Histoire a décidé de mettre à votre disposition, sur son site internet, tout le contenu de ses archives du n°1 (mai 1978) au numéro 238 (décembre 1999). La rédaction demande votre indulgence pour les coquilles et autres erreurs dues à une numérisation qu'il nous faudra un peu de temps pour corriger complètement. Ce contenu est offert à nos fidèles abonnés identifiés.

Bonne lecture.

Portraits dessinés de la cour des Valois. Les Clouet de Catherine de Médicis

Cet ouvrage, remarquable, notamment, par la qualité des illustrations, est issu d’une thèse consacrée, pour l’essentiel, aux 550 portraits que Catherine de Médicis possédait, soit la plus grande collection de portraits dans l’Europe du XVIe siècle dont on peut voir une partie jusqu’au 27 juin au musée Condé-château de Chantilly.

Ces « crayons », comme on disait alors, constituent d’abord une prouesse technique : la pierre noire crée la structure du visage et précise les contours ; la sanguine, ensuite, relève les carnations ; puis, de nouveau, la pierre noire est utilisée pour modeler les formes, préciser les détails, avant qu’une légère touche de couleur parachève l’oeuvre : du bleu par exemple, pour révéler la couleur de l’iris de l’oeil. Le tout procure une étonnante sensation de vie.

Les portraits « peints au vif » par Clouet conviennent parfaitement à cette société de cour naissante, qui caractérise la monarchie de la Renaissance, soucieuse avant tout de son apparence extérieure. Surtout, au fil des chapitres, surgit une Catherine de Médicis méconnue et attachante, une femme qui n’a connu ses parents, morts quand elle était très jeune, que par la médiation des portraits. Le livre met bien en valeur l’importance de la maison de la reine, son goût du luxe elle meurt très endettée, l’importance des dames et de leurs portraits, qui révèlent un nouveau statut de la femme à la Cour : on remarque la vivacité des regards, l’importance des vêtements, marqueurs du rang.

Alors que l’État royal « réel » est un État éclaté, un État en guerre, la collection de portraits de Catherine fonctionne comme un substitut d’une monarchie parfaite, une monarchie qui serait régie par une obéissance absolue, comme si Catherine avait arrêté le cours du temps avant la Saint-Barthélemy, par ses portraits, c’est-à-dire par le pouvoir de l’image...

---------------------------

Portraits dessinés de la cour des Valois. Les Clouet de Catherine de Médicis par Alexandra Zvereva, préface de Denis Crouzet, Arthena, 2011, 466 p., 115 euros.

Par Alexandra Zvereva