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Dans cette rubrique, vous trouverez la revue des revues, des sites web mais aussi les éléments pour préparer les concours de Capes et d'agrégation en histoire, des dossiers thématiques (pour les dossiers du magazine, voir la rubrique Dossiers), l'atelier du chercheur qui reprend certaines émissions de La Fabrique de L'Histoire de France Culture et le lexique paru dans divers numéros.

Note au lecteur

"L'Histoire a décidé de mettre à votre disposition, sur son site internet, tout le contenu de ses archives du n°1 (mai 1978) au numéro 238 (décembre 1999). La rédaction demande votre indulgence pour les coquilles et autres erreurs dues à une numérisation qu'il nous faudra un peu de temps pour corriger complètement. Ce contenu est offert à nos fidèles abonnés identifiés. Pour les autres lecteurs, il est payant. Bonne lecture.
État d'avancement en mars 2014 : du n°219 au 238."

Le Moyen Age des hérétiques

Abjuration
Dans la procédure inquisitoire, l’abjuration est la renonciation à une doctrine hérétique, qui intervient après l’aveu du coupable. Lors du sermon général de l’inquisiteur, qui, publiquement, dénonce les fautes du coupable, ce dernier abjure une seconde fois solennellement avant de faire pénitence.

Albigeois
Nom donné d’abord aux cathares de la région d’Albi puis à tous ceux du midi de la France XIIe-XIIIe siècle qui sont accusés d’hérésie et contre lesquels la papauté lance une croisade en 1209.

Arianisme
D’Arius, prêtre à Alexandrie v. 256-336 ; doctrine qui place le Christ dans une position subalterne, secondaire, par rapport à Dieu. Elle est condamnée comme hérésie au concile de Nicée, en 325.

Aveu
Considéré comme une preuve dans la procédure inquisitoire, l’aveu est censé fournir une vérité complète.

Bogomile
Nom donné à des hérétiques bulgares du Xe siècle, membres d’une secte dualiste dissidente de l’Église orthodoxe. Celle-ci se répand à Byzance et dans les Balkans au XIe siècle. On a soutenu, par erreur, qu’elle avait ensuite gagné l’Italie, l’Allemagne et le Languedoc.

Bon chrétien, bonne chrétienne
Les membres de l’Église cathare, ceux que la polémique catholique et l’Inquisition désignèrent du terme d’« hérétiques », ne se donnèrent jamais à eux-mêmes d’autre nom que « chrétiens » et « chrétiennes ». Leurs croyants les saluaient rituellement du titre de « bon chrétien » et de « bonne chrétienne ». De la même façon, les croyants emploient les termes « bon homme », « bonne femme », manière respectueuse de désigner les membres du clergé de l’Église cathare.

Bûcher
La mort par le feu, sur le bûcher, est le mode d’exécution des hérétiques et des sorcières au Moyen Age et à l’époque moderne. Il s’agit d’un rituel de purification. En brûlant les hérétiques, l’Église pense les priver de sépulture et les vouer à l’enfer.

Cathare
Terme employé, non sans abus, depuis les années 1950. Du grec catharos, « pur », il apparaît en Occident vers 1160 sous la plume d’Eckbert, abbé de Schönau qui l’a lui-même emprunté à saint Augustin, pour désigner – et disqualifier – les dissidents de Rhénanie, puis a été étendu aux dissidents d’Italie du Nord. Il est repris au XIXe siècle pour désigner aussi la dissidence religieuse du Languedoc. Cet emploi permet de dépasser l’aspect régional limité du terme « albigeois » et de conférer à ces dissidents du Midi une exemplarité universelle.

Catharisme
La doctrine cathare repose sur l’existence de deux principes un principe bon, qui a créé les esprits ; un principe mauvais, à l’origine de la matière ; l’Église comme les sacrements et la messe, réalités incarnées, sont rejetés.

Concile
Réunion des évêques de l’Église universelle ; les affaires de doctrine et de discipline y sont discutées.

Consolament
C’est le nom donné au sacrement du baptême par l’Esprit et l’imposition des mains, pratiqué par le clergé cathare. Sa double fonction était de consacrer l’entrée en vie chrétienne du catéchumène et de le délier de ses péchés en vue du salut de l’âme. Il était conféré aux novices comme ordination, aux malades comme extrême-onction.

Dogme
Pour l’Église, ensemble des croyances fondamentales, considérées comme vérités de foi, donc intangibles.

Dominicain ordre
Ordre mendiant fondé en 1215 par saint Dominique. Il se voit confier par le pape – après 1233 –, et concurremment avec l’ordre des Franciscains, l’Inquisition contre toutes les déviations spirituelles.

Dualisme
Terme qui définit une doctrine religieuse qui enseigne que le bien et le mal sont deux entités distinctes et antagonistes. Les hérésies chrétiennes du Moyen Age bogomiles, cathares sont dualistes. Mais elles n’ont rien de commun avec le manichéisme cf. ce mot, religion dualiste de l’Antiquité.

Franciscain ordre
Ordre mendiant fondé par saint François d’Assise en Italie après 1209, prônant la pauvreté, la pénitence, le travail, la prédication. Il est un des instruments de la lutte contre l’hérésie.

Gnostiques
Les gnostiques, « ceux qui savent », pensent que le salut est lié à une connaissance du contenu de la foi, et non pas seulement de la foi elle-même ; c’est une connaissance réservée aux initiés. Présent en Égypte, en Syrie, mais aussi à Rome et à Lyon, le gnosticisme, apparu dès le IIe siècle en milieu chrétien, est resté un mouvement de pensée très vivant dans l’Église jusqu’à la fin du IVe siècle. La gnose, en tant que pensée philosophique, est antérieure et postérieure au gnosticisme chrétien.

Hérésie
Du grec « choix ». Avant d’être utilisé dans un sens religieux, le terme a servi à désigner une faction, un parti, ou, en philosophie, un courant de pensée. Le mot apparaît dans les écrits des Pères apostoliques dès la fin du Ier siècle début du IIe siècle de notre ère. En langage commun, l’hérésie signifie la déviance, la dissidence par rapport à des pratiques ou à des points de doctrine. On appelle « hérésiologie » les catalogues des hérésies dressés par les Pères de l’Église.

Inquisition
Institution judiciaire, créée en 1231-1233 par le pape Grégoire IX, dont la mission est d’enquêter sur la foi, de réprimer les dissidences religieuses et de convertir les hérétiques. Elle est confiée aux Dominicains et aux Franciscains. L’inquisiteur est le délégué du souverain pontife. Disposant d’une administration propre et de manuels pour ses interrogatoires, il a une mission de répression, mais aussi de conversion des hérétiques. Les inquisiteurs dépendent directement de la papauté au XIIIe siècle. Un siècle plus tard, ils peuvent être associés au tribunal épiscopal. Dans le royaume de France, l’activité de l’Inquisition diminue progressivement au XIVe siècle avec le développement d’une justice royale soutenue par les évêques. A l’époque moderne, en Espagne et en Italie du Sud, l’Inquisition devient une institution d’État.

Lèse-majesté
Le crime de lèse-majesté est une atteinte à la toute-puissance et, par voie de conséquence, à la personne du souverain ou de ses officiers qu’il s’agisse du pape ou des princes séculiers. En 1199, le pape Innocent III assimile l’hérésie au crime de lèse-majesté.

Manichéisme
Religion dualiste fondée par Mani, un Araméen de Babylonie, qui dérive principalement du judéo-christianisme mais intègre des éléments étrangers à la tradition juive et chrétienne, des éléments du bouddhisme notamment. Pour les manichéens, la révélation ne se termine pas à Jésus, mais à Mani, qui est le sceau de la prophétie. Le manichéisme se diffuse au IIIe-IVe siècle. Il est sévèrement réprimé dans l’Empire romain et partout ailleurs.

Millénarisme
Croyance selon laquelle le Christ doit revenir pour un règne terrestre de mille ans, le millenium. Ce règne n’est qu’une trêve avant le combat final et la destruction de Satan. Ensuite aura lieu le Jugement dernier. Cette doctrine a été réfutée notamment par saint Augustin et définitivement condamnée par l’Église au Ve siècle.

Monophysisme
Doctrine qui affirme l’union du divin et de l’humain dans la personne du Christ. Les chrétiens d’Égypte, de Syrie, d’Éthiopie adoptèrent le monophysisme. Il fut condamné en 451 au concile de Chalcédoine.

Nestorianisme
Doctrine qui proclame la partition des natures du Christ, humaine et divine. L’Église de Perse adopta le nestorianisme. Elle est condamnée en 431 au concile d’Éphèse.

Ordres mendiants
Ordres religieux fondés au XIIIe siècle qui se caractérisent par leur vocation à la pauvreté absolue, une prédication par l’exemple et une implantation urbaine Dominicains, Franciscains, Augustins, Carmes. Soutenus et utilisés par les papes, ils apparaissent comme le volet positif de la reconquête chrétienne au XIIIe siècle.

Orthodoxie
Ensemble des doctrines admises dans l’Église. Dans l’histoire du christianisme, l’orthodoxie s’est fixée progressivement, en miroir avec l’hérésie. Le terme « orthodoxie » s’emploie aussi, au sens étroit, pour désigner l’Église grecque, ou gréco-russe, qui se rattache à Byzance.

Parfaits
L’expression Hereticus perfectus signifie « hérétique achevé ». Elle est utilisée par les inquisiteurs pour désigner les cathares. Eux-mêmes n’ont jamais employé le terme.

Pataria
Mouvement évangélique apparu à Milan, au milieu du XIe siècle, et dénonçant les moeurs relâchées du clergé. Dans l’Italie des XIIe et XIIIe siècles, ce terme péjoratif désigne couramment tous les hérétiques, déviants et autres hétérodoxes visés par le pouvoir de coercition de l’Église. Une étymologie discutée rapproche les patarins des pannosi, les « loqueteux », faisant référence aux origines populaires du terme.

Pères de l’Église
Ce terme désigne, à partir du IVe siècle, l’ensemble des auteurs chrétiens, autrement dit les grands théologiens des premiers temps de l’Église Irénée de Lyon, Origène, Jérôme, Augustin, etc. qui, par leurs commentaires de l’Écriture, ont contribué à fixer l’orthodoxie. D’où le terme de « patristique » pour désigner l’étude de ces auteurs.

Purs
Appellation sans fondement historique sérieux, utilisée par certains auteurs modernes pour désigner les membres de l’Église dite « cathare ».

Relaps
Pour l’Inquisition, les relapsi sont des individus retournés à l’hérésie après une première abjuration. Même en cas de nouveau repentir, le relaps est remis au bras séculier et condamné au bûcher.

Sorcière
Les guérisseurs, les jeteurs de sort, les magiciens traditionnels deviennent des sorciers lorsqu’on les accuse, à partir du XIVe siècle, de former une secte diabolique, de faire un pacte avec le Diable et de menacer l’État. Assimilés aux hérétiques, sorciers et sorcières sont les victimes de grands épisodes de persécution de la part des pouvoirs religieux mais aussi politiques à l’époque moderne.

Torture
Dans la procédure inquisitoire, elle sert à obtenir les aveux de l’accusé, qui sont censés découvrir la pleine vérité exigée par l’inquisiteur.

Vaudois
Pauvreté, prédication, traduction des Évangiles en langue vulgaire sont les fondements de cette dissidence religieuse apparue vers 1170 à Lyon et fondée par Vaudès. Les vaudois se disaient eux-mêmes « Pauvres de Lyon » ou « Pauvres du Christ ». Persécutés dès la fin du XIIe siècle, ils entrent dans la clandestinité et émigrent dans le sud de la France, en Italie, en Allemagne. Les derniers vaudois décident de rejoindre la Réforme en 1532.