Gagarine décrypté dans "Mystères d'archives"

Avec sa collection de documentaires, Serge Viallet raconte l'histoire des images qui ont marqué le XXe siècle, tous les samedis à 17h55 sur Arte.

Un visage engoncé dans un lourd casque. L'homme peut difficilement se mouvoir dans un espace que l'on devine étroit et confiné. Les images en noir et blanc sont brouillées et granuleuses. Presque de mauvaise qualité. Il n'y a rien de très spectaculaire dans tout cela. Pourtant, ce mercredi 12 avril 1961, le lieutenant Iouri Gagarine est le premier homme à voyager dans l'espace.

Deux jours plus tard, sur le tarmac de l'aéroport de Moscou, le cosmonaute est accueilli en héros de la nation par les plus hauts responsables du régime. Sur le trajet entre l'aéroport et la place Rouge, une marée humaine ovationne Iouri Gagarine qui, debout dans une voiture décapotable, salue la foule en compagnie de son épouse et de Nikita Khrouchtchev, le Premier secrétaire du Parti communiste de l'Union soviétique. Cette fois, les images en couleurs sont parfaitement nettes ; les plans sont maîtrisés, la mise en scène est sans bavure. Il faut dire que les dirigeants du Parti ont mandaté près de 30 caméramans pour réaliser un grand film, à la gloire du programme spatial soviétique. Quatre ans après la mise en orbite du satellite Spoutnik, l'exploit de Iouri Gagarine confirme l'avance des Soviétiques sur les Américains dans la conquête de l'espace. En pleine guerre froide, c'est une excellente publicité pour le régime soviétique et un véritable camouflet pour les États-Unis.

Fidèle à sa maxime « Les images racontent des histoires, nous racontons les histoires des images », Serge Viallet propose, dans cet épisode de la collection « Mystères d'archives », de décrypter les quantités d'images de Gagarine tournées avant, pendant et après ce vol historique. Il s'agit de montrer comment les autorités soviétiques ont immortalisé cet événement et l'ont transformé en outil de propagande...

Pour lire l'article en intégralité :

Gagarine décrypté, par Olivier Thomas, L'Histoire n° 380, octobre 2012, p. 28.