Hélène Berr
«Quand j’écris “juif” je ne traduis pas ma pensée, car pour moi une pareille distinction n’existe pas : je me sens pas différente des autres hommes, jamais n’arriverai à me considérer comme faisant partie d’un groupe humain séparé.» 31 décembre 1943.
Hélène Berr a 20 ans lorsqu’elle entame son journal intime en 1942. Ces pages témoignent de la vie d’une jeune femme éprise de littérature, de musique, entourée d’amis, amoureuse. Puis le port de l’étoile jaune, puis les arrestations en pleine rue, puis des enfants, soudain sans parents, massés dans des centres. Et ces derniers mots : « Horror, Horror, Horror », écrits quelques heures avant son arrestation, en mars 1944.
Déportée à Auschwitz, Hélène Berr est morte d’épuisement en 1945 à Bergen-Belsen, peu avant la libération des camps. Sur le mur des noms du mémorial de la Shoah, où se tient l’exposition qui lui est consacrée, on peut se recueillir sur les noms d’Hélène et de ses parents, Antoinette et Raymond, respectivement exterminés à Monowitz et Birkenau.
Son journal est celui d’une résistante, d’un écrivain qui aurait pu devenir l’un des grands noms de la littérature française. Qui l’est devenu, soixante ans après, grâce au sauvetage de ces pages. Consciente du danger qui la menaçait, séparée de son fi ancé, Jean Morawiecki, parti combattre dans les troupes de la France libre, Hélène confi ait régulièrement les feuilles de son cahier à la cuisinière de ses parents : pour Jean au cas où elle serait arrêtée. De Jean, le journal passa à une nièce d’Hélène, Mariette Job, qui en fi t don au mémorial et grâce à qui il fut publié Tallandier, 2008.
On pourra voir et lire quelques-unes de ces pages à l’écriture soignée, aux phrases courtes. Une bande dessinée réalisée avec ses camarades de classe, à 11 ans : « Kakahouet chez les Nègres ». La lettre écrite à la hâte par Raymond Berr, le 23 juin 1942, pour prévenir sa famille de son arrestation. Des photos de famille et d’amis à Aubergenville Yvelines, maison de campagne des Berr. Mais encore des documents, objets ou photos qui évoquent plus largement la persécution des Juifs en France sous l’Occupation.
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