Guerre d’Algérie... Parlez !
A l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, l’historienne Raphaëlle Branche a publié une tribune sur le site du Monde, jeudi 5 juillet.
Rendant hommage « à tous ceux qui sont tombés pour la patrie et que commémorent, dans toutes les communes d’Algérie, des monuments aux martyrs », la spécialiste de l’étude des violences en situation coloniale revient sur le lourd tribut payé par la population civile algérienne, l’impact démographique de la guerre sur le pays et surtout l’inégale capacité à identifier les morts du côté algérien, à la fois par l’armée française et le Front de Libération nationale (FLN).
Puisque « tout n’est pas dans les archives et les meilleures sources sont ici les souvenirs des êtres humains », Raphaëlle Branche exhorte à « agir à l’échelle des hommes et non des États. […] Seuls ceux et celles qui ont vécu la guerre peuvent contribuer à suturer des plaies laissées béantes dans les familles par l’ignorance des conditions de disparition des proches, quelle que soit la rive de la Méditerranée ».
Avec l’espoir qu’il ne restera pas sourd, elle lance ce cri simple et franc : « Anciens d’Algérie et habitants d’Algérie, parlez ! »
Pour mieux faire avancer la vérité, de chacun et de tous.
Pour en savoir plus :
Cinquante ans après la guerre d’Algérie, il est temps de parler !, par Raphaëlle Branche, Le Monde, 5 juillet 2012.


